Championnat du monde de RS:X à Oman, les Français remettent leur titre en jeu

C. Launay / FFVoile

C’est lundi 19 octobre que débutera à Al-Mussanah (Oman), le Championnat du monde masculin et féminin de RS:X (planche à voile). L’enjeu est de taille pour l’ensemble des coureurs de l’Equipe de France qui s’est entraînée toute l’année pour performer sur la compétition. Parmi eux, Julien Bontemps et Charline Picon remettent en jeu leur titre de Champion et Championne du monde, remporté l’an dernier lors du mondial à Santander.

La Cité des Sports d’Al Mussanah, dont la construction s’est achevée en 2010, afin d’accueillir les seconds Jeux Asiatiques de plage, sera – du 19 au 24 octobre – le terrain de jeu des meilleurs véliplanchistes au monde. C’est en effet à Oman que le Championnat du monde de RS:X se tient. Une fois n’est pas coutume, l’ensemble des compétiteurs inscrits à ce mondial est logé dans le même hôtel, les coureurs se croisent aux petits déjeuners, aux dîners, tous ont dans leur regard la même envie : donner le meilleur d’eux-mêmes et marquer les esprits.

Du côté de l’Equipe de France, tous seront au rendez-vous : Charline Picon, Championne du monde 2014, médaillée d’or au Test Event à Rio, Eugénie Ricard, 8e du mondial 2014, mais aussi Julien Bontemps, Champion du monde 2014 ; Pierre Le Coq, médaillé de bronze au dernier Test Event de Rio ; Louis Giard, 9e du mondial 2014 et Thomas Goyard, médaillé de bronze à Santander l’an dernier. La performance est au cœur des préoccupations de chacun sur un plan d’eau connu pour ses vents légers et son atmosphère parfois étouffante avec une température extérieure proche des 35°C.

Au programme de ce Championnat du monde : Trois manches par jour, avec une journée de réserve le mercredi. Les Medal Races seront courues le samedi 24 octobre.

Du côté des RS:X Hommes
Julien Bontemps :« Le plan d’eau de ce mondial propose a priori des vents légers, le climat est chaud, j’ai donc essayé de me préparer en conséquence depuis le mois de juillet avec une importante préparation physique dans les Vosges, puis lors de notre stage à Rio avec l’ensemble de l’Equipe de France. J’ai passé également du temps sur la préparation du matériel. Je suis satisfait de ce travail en amont, je me sens prêt, ce mondial est le point d’orgue de la saison. Je remets mon titre en jeu, mais c’est réellement un nouveau challenge, car le plan d’eau est vraiment différent de celui de Santander. Je suis quelqu’un de polyvalent, capable de marcher dans le petit temps et le temps très fort. Le vent médium était jusque-là mon point faible, mais j’ai trouvé pas mal de pistes, qui me font bien progresser. J’ai hâte que la régate démarre ! ».

Pierre Le Coq :« Nous nous attendions à des températures extérieures élevées, alors je me suis préparé dans cette optique. J’ai travaillé avec une personne de l’INSEP, pour qu’elle m’aide dans l’acclimatation à la chaleur. J’ai fait des séances physiques dans le chaud, du vélo en sauna… Je suis persuadé que l’acclimatation est un élément important. Dans notre sport, régater dans la chaleur rend la dimension physique encore plus importante, on l’a tout de suite vu en arrivant sur place lors de nos premiers entraînements. C’est un plan d’eau clair, cela va beaucoup se jouer sur la vitesse. Nous devrions avoir un vent qui monte un peu, de manière crescendo au cours de la journée. Il va falloir donner le maximum sur chaque manche, je veux achever ce Championnat sans avoir de regrets, j’y vais pour tout donner. »

Louis Giard : « Nous ne sommes pas surpris des conditions que nous avons ici, nous avions effectué un stage en novembre l’an dernier, le vent est très peu changeant 6-12 nœuds, avec un clapot sollicitant et surtout il faut composer avec la chaleur. Je me suis beaucoup entraîné pour cette échéance, après mon podium lors du Championnat d’Europe en Sicile, nous avons passé 10 jours sur le plan d’eau des Jeux à Rio, puis nous avons fait un stage à l’ENVSN avec Julien (Bontemps) et Thomas (Goyard), j’ai ensuite navigué à Brest, Carnac et à La Rochelle fin septembre. Ce mondial est un objectif majeur pour moi, mais également pour beaucoup de concurrents, nous avons tous conscience de l’enjeu, il va falloir être à 200%, je veux performer, je vais essayer d’être appliqué, d’être sûr de mes choix et d’aller au bout de ce que je pense être le mieux. »

Thomas Goyard : « Je m’attends à du très haut niveau sur ce Championnat du monde, tout le monde est affûté, pour plusieurs nations il y a un enjeu de qualification pour les Jeux Olympiques. Certains adversaires vont se transcender. Il faut rester sur ses gardes, je ne veux pas avoir de regrets, je me suis préparé en conséquence, même s’il faut avouer que la température est un gros aléa, notre rythme cardiaque est plus élevé qu’habituellement, il faudra composer avec cela. »

L’œil du coach
Stéphane Jaouen, entraîneur des RS:X hommes : « Les garçons se sont entraînés sérieusement pour l’événement, ils vont devoir donner le maximum de leur potentiel. Tout le monde s’est préparé pour cet objectif-là. La chaleur à Oman est un élément qu’il faut prendre en compte, chaque sortie dehors est fatigante pour les organismes. Nous avons une équipe de France très forte, qui travaille ensemble pour porter haut le collectif, ils sont complémentaires et se poussent mutuellement vers le haut. Ils savent ce qu’il faut faire, ils ont les cartes en main. »


Du côté des RS:X femmes
Charline Picon :« Le plan d’eau n’est pas simple, il y a pour le moment un peu plus de vent que ce que nous attendions, il y a du clapot et des bascules assez importantes qu’il va falloir négocier. D’après les Omanais, nous avons des conditions relativement inhabituelles pour la période, avec de l’humidité et ce vent plus soutenu, mais on s’adapte, dans notre sport, il faut être bons dans tous les temps. Avant que la compétition ne commence, nous faisons des navigations d’entraînement avec une logique d’observation, pour mieux appréhender les choses. Je suis prête, cela va être difficile physiquement, il va falloir être tenace pour pouvoir s’exprimer sur la régate. Il fait vraiment très chaud, c’est un élément qu’il faut prendre en compte dans la gestion du Championnat. J’aimerais valider plusieurs points : mes départs, mes premiers bords de près (vent de face) et je veux également essayer de bien voir les mouvements de flotte. Il va falloir rester vigilant car le niveau est relevé et que certaines nations peuvent encore nous surprendre. »

Eugénie Ricard :« Nous sommes là depuis quelques jours maintenant, nous nous acclimatons petit à petit. Le vent est pour le moment toujours orienté de la même manière, du Nord-Est, un vent qui vient de la mer. La gestion du physique va être importante sur ce mondial, nous avons trois manches par jour prévues au programme, cela va être intense, il va falloir rester attentive, concentrée et prendre du temps pour la récupération. Je suis prête et motivée, j’ai hâte que la compétition commence. »

L’œil du coach
Cédric Leroy, entraîneur des RS:X femmes : « Nous avons fait un premier état des lieux du plan d’eau l’an dernier, à la même période. Il est complexe à gérer avec un effet tampon important dû à la montagne de 4000 mètres qui culmine. C’est un vent léger, chaud et assez instable. Nous sommes plus sur des phénomènes tactiques que stratégiques. Nous nous attendons à une concurrence étrangère qui va être rude, car ce mondial est une qualification aux Jeux pour de nombreuses nations. Il y a une concurrence forte dans plusieurs pays, l’Espagnole médaillée d’or aux Jeux de Londres Marina Alabau Neira et la Polonaise médaillée de bronze en 2012 Zofia Noceti-Klepacka seront présentes et ne sont pour le moment pas en position de leader dans leur pays pour la sélection à Rio. Nous nous attendons donc à du très haut niveau sur ce Championnat du monde qui s’annonce difficile. J’attends d’Eugénie et de Charline qu’elles soient concentrées du début à la fin, car ce sera un Championnat serré en points, ce sera sur les fautes effectuées que l’on donnera des points aux autres. Il leur faudra donc être dans leur mondial du début à la fin, il ne faut rien lâcher et tenir bon. »

 

Pour suivre la compétition, rendez-vous sur le site de la course : http://www.rsxclass.com/worlds2015/

L’Equipe de France
RS:X H Julien Bontemps (ASPTT Nantes/INSEP)
Thomas Goyard (A. Calédonienne P.A.V)
Pierre Le Coq (CMV St Brieux)
Louis Giard (YC Carnac)

RS:X F Charline Picon (CN La Tremblade/Armée de Champions)
Eugénie Ricard (YC Mauguio Carnon)

Autre(s) sportif(s) de la délégation française
RS:X F Jeanne Dantes (CN Croisette)

 







 

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