Des Championnats du monde à l'accent Sud-Américain !

Cet article a été rédigé par Havas SE, et posté le 13-11-2015

©Christophe Launay / FFVoile

Du 16 au 21 novembre, c’est à Buenos Aires, en Argentine, que les 49er et 49er FX s’exprimeront à l’occasion de leurs Championnats du monde. L’Equipe de France, représentée par Manu Dyen & Stéphane Christidis aura à cœur de bien figurer et de mettre en lumière le travail effectué ces derniers mois. En revanche, malgré une préparation importante pour l’échéance, Julien d’Ortoli & Noé Delpech ne navigueront pas ensemble pour la régate, suite à une blessure à la main de Julien, survenue lors d’un entraînement préparatoire pour le mondial. C’est Mathieu Frei, qui sera remplaçant et barreur aux côtés de Noé.

Cap sur l’Argentine, dans un climat chaud et humide pour les 107 duos de compétiteurs en 49er et 49er FX – 64 binômes masculins et 43 féminins – tous en quête du sacre mondial, sur un plan d’eau qui s’annonce compliqué. En effet, les conditions changeantes de vent, mais également la navigation sur une eau très peu salée modifie les schémas habituels des régatiers et donneront du fil à retordre à l’ensemble des équipages.

Manu Dyen, en duo avec Stéphane Christidis : « Nous sommes arrivés il y a une dizaine de jours sur place, c’est un cadre assez typique de l’Amérique du Sud. Le plan d’eau est plutôt intéressant avec du clapot, des vents instables et par conséquent beaucoup de jeu et de situations différentes. L’eau, marron foncé complique la lisibilité du déplacement des risées notamment, il va falloir être opportuniste et ne pas hésiter à tenter des coups, car rien ne sera joué d’avance. Nous nous sommes beaucoup entraînés à Marseille pour cette échéance, pour faire des choix sur le matériel, mais également pour retrouver notre niveau physique et d’engagement sur le bateau. »

Stéphane Christidis : « Le plan d’eau est particulier, avec un bateau qui s’enfonce plus dans l’eau et où la structure du vent est très instable, il faut faire pas mal de modification dans les réglages mais après quelques jours de navigation, nous commençons à nous sentir bien. Prendre de bons départs va être déterminant, car la flotte est très serrée et partir devant facilitera forcément la régate. La vitesse également sera un point important. Nous savons qu’il va être difficile d’accélérer si le vent reste léger comme ce que nous avons en ce moment, il va falloir un comportement tactique dans des schémas qui changent. La concurrence est forte, il ne manque personne, les équipages sont affûtés et la moindre erreur peut coûter très chère. »

Forfait pour Julien d’Ortoli, blessé à la main : « Nous étions inscrits sur le Championnat Sud-Américain qui s’est déroulé une semaine avant le début du mondial, mais le premier jour de régate, alors que nous nous apprêtions à monter sur l’eau, j’ai glissé sur la rampe de mise à l’eau et je me suis blessé à la main. Ne ressentant pas tellement de douleurs, nous sommes tout de même allés sur l’eau, mais à notre retour, force était de constater que ma main était enflée. J’ai donc passé une radio, qui a révélé qu’un os, dans le prolongement de l’index, au niveau de la main, était cassé. Nous avons alors pris la décision que je rentre en France, avec dans l’optique d’être de retour le plus rapidement sur l’eau. »

Noé Delpech, en duo avec Mathieu Frei : « Nous avons mis du temps à réaliser Julien et moi que nous ne prendrons pas part  - ensemble - à ce mondial, pour lequel nous nous sommes durement préparés. Mais le principal est que Julien se remette le mieux et le plus rapidement de sa blessure pour que nous régations de nouveau ensemble et que nous soyons au rendez-vous des prochaines échéances de notre calendrier. Mathieu arrive ce vendredi en Argentine, je suis heureux de pouvoir faire le mondial avec lui, nous avons beaucoup d’estime l’un envers l’autre. Mais cela reste un challenge difficile à relever, car nous n’allons naviguer que trois jours ensemble avant le début de la compétition et nous aurons en face de nous des équipages qui sont en pleine préparation olympique et qui ont l’habitude de naviguer ensemble. Nous avons des objectifs de travail, notamment sur les réglages du gréement, pour préparer la suite ; nous allons faire cela au mieux. »

 

L’œil du coach

Xavier Rohart, entraîneur des 49er et Champion du monde de Star à Buenos Aires en 2005 : « J’attends des deux équipages qu’ils arrivent à se mobiliser pour mettre en application les points précis sur lesquels nous avons travaillé, car nous sommes à une phase de la préparation olympique où l’on doit commencer à pouvoir bien mettre en place les axes de travail des entraînements. Je veux qu’ils arrivent à tenir une performance digne de leur rang, j’aimerais voir de la combativité, de l’engagement, qu’ils fassent preuve de force mentale, qu’ils se placent, qu’ils gèrent le risque… Je n’attends pas des choses incroyables, mais qu’ils soient eux-mêmes, car ils savent ce qu’il faut faire. Pour Noé Delpech, c’est différent, même si dans l’esprit, tous ces points sont valables, la cohésion leur fera forcément défaut sur des points clés, mais il était important qu’il fasse cette régate, pour continuer de préparer la suite. »

Du côté des 49er FX

Parmi les Français présents, les duos féminins Sarah Steyaert & Aude Compan et Lili Sebesi & Julie Bossard, comptent elles aussi mettre à profit leurs entraînements pour pointer en haut du classement mondial.

Julie Bossard, en duo avec Lili Sebesi : « Nous sommes sur place depuis la fin du mois d’octobre, car il était important pour Lili et moi de pouvoir prendre possession du plan d’eau et de prendre nos marques de notre côté. C’est la première fois que nous naviguons ici, sur cette eau très trouble, peu salée et c’est une configuration qui change pas mal de nos repères. Le bateau a du mal à accélérer sur cette eau, cela a été un peu perturbant en termes de sensation les premiers jours. Mais très vite nous nous sommes adaptées au plan d’eau, qui propose des conditions de vent très variées. Nous voulons donner le meilleur de nous-mêmes et finir ce mondial en ayant tout mis en œuvre pour n’avoir aucun regret. »

Sarah Steyaert, en duo avec Aude Compan :« Ce Championnat du monde représente l’une des épreuves majeures de notre saison, où nous avons vraiment à cœur de performer. Le plan d’eau me fait penser à celui de Medemblik, aux Pays-Bas : un clapot court, des conditions de vent où il n’y a pas trop règles, il va falloir rester attentives à tous les instants. Aude et moi allons vraiment nous attacher à prendre de bons départs, car il s’agit évidemment d’un élément clé. La vitesse également fera la différence, à nous de tout mettre en œuvre pour que cela fonctionne. »

L’œil du coach

Benjamin Bonnaud, entraîneur des 49er FX : « En tant qu’entraîneur des 49er FX, mon travail a été de les amener à ce mondial en étant à leur plus haut niveau de performance ici. Elles ont toutes les clés en main à présent. A quelques jours du début du Championnat du monde, elles affinent les derniers détails, sur les départs, les réglages, la compréhension du plan d’eau. Il faut qu’elle fasse la plus belle performance possible sur la régate. »

Pour suivre la compétition rendez-vous sur le site de la course : http://49er.org/event/2015-world-championship/

Les coureurs de l’Equipe de France

49ER

Emmanuel Dyen (CNV Aix-les-Bains / Equipe de France Douane) - Stéphane Christidis (EV Cagnes sur Mer / Armée de Champions)

Mathieu Frei (SR Calédonienne) - Noé Delpech (YCPR/ENGIE)

Les autres membres de la délégation française

49ER FX

Sarah Steyaert (CN Châtelaillon) - Aude Compan (CV Marseillan)

Lili Sebesi (YCPR) - Julie Bossard (CMV St Brieuc)

 

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